• Printemps 1885 - Marthe (6)

     

    Printemps 1885 - Marthe (6)

    Marthe déposa le plateau du petit-déjeuner sur la crédence près du lit avant de se diriger vers les fenêtres dont elle tira les rideaux sur un matin ensoleillé.

    « Madame a bien dormi ? », s'enquit-elle doucement.

    Mme Desjoyaux se cala contre ses oreillers, avant de ramener sa longue tresse sur sa poitrine et de soupirer.

    Printemps 1885 - Marthe (6)

    « Ce n'est pas pareil quand vous n'êtes pas là... Lucienne est pleine de bonne volonté mais qu'elle est maladroite ! Encore heureux que la représentation d'hier soir au théâtre était très satisfaisante : les artistes ont rivalisé de talent et de verve si bien qu'ils ont été applaudis de très longues minutes ! Et vous, comment s'est passé le mariage de votre frère ? Enchaîna-t-elle sans transition. A vrai dire, je ne pensais pas vous voir à mon réveil... Ne deviez-vous pas dormir là-bas ?

    — J'ai préféré profiter de la voiture d'un des invités et rentrer juste après le départ des mariés, répondit Marthe, mais le mariage était très bien ! D'ailleurs, je remercie Madame de m'avoir donné sa vieille robe. Après l'avoir rafraîchie, elle semblait sortir de chez le tailleur !

    — Vous avez des doigts de fée, Marthe ! Je vous ai vue partir de la fenêtre de ma chambre et vous étiez très élégante, je peux vous l'assurer... »

    Depuis huit ans que Marthe Lambert était à son service, Mme Desjoyaux, qui passait pour une maîtresse exigeante, n'avait, depuis le début,  que des louanges à adresser à sa femme de chambre qu'elle trouvait conforme à ce qu'elle attendait d'une domestique : active, soignée, discrète, honnête, patiente, mais surtout, décente dans ses propos. La patronne de Marthe n'avait pas hésité quelques années auparavant à réclamer de son mari une épuration de la domesticité après avoir entendu son fils de douze ans répéter un juron du cocher et sa fille de sept ans raconter sans le comprendre un écart de la femme de chambre. Faisant la chasse à tout ce qui aurait pu corrompre la pureté et la chasteté de son foyer, Magdeleine Desjoyaux avait pourtant hésité, en femme prévoyante et jalouse, à embaucher Marthe qu'elle trouvait trop jolie, mais elle avait été charmée par les manières naturellement distinguées de la jeune femme si éloignées de sa condition inférieure. 

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    Par la suite, Mme Desjoyaux n'avait jamais eu à regretter son choix. Marthe avait même su se rendre indispensable grâce à ses talents de coiffeuse et de couturière. Madame avait pris l'habitude de l'emmener avec elle quand elle allait à Paris chez les grands couturiers. Elle faisait passer sa femme de chambre pour une amie, et, après avoir longuement examiné les mannequins, elle se retirait sans avoir rien acheté  ; Marthe n'avait plus ensuite qu'à exécuter la copie la plus fidèle possible de l’un des modèles entrevus. Ce dont elle s'acquittait avec un talent consommé permettant à sa patronne de passer pour la femme la plus élégante des Ardennes !

    Printemps 1885 - Marthe (6)

    « Marthe, descendez donc dire aux domestiques de se réunir dans une demi heure dans le réfectoire où je viendrai leur donner les instructions pour la journée, puis revenez pour m'aider à m'habiller et me coiffer ! 

    — Bien, madame. »

    Printemps 1885 - Marthe (6)

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    Plus tard, alignée dans l'entrée avec les autres domestiques, la jeune femme n'avait que peu prêté attention à la dictée des volontés de Madame, tourmentée par les souvenirs d'un passé honteux qu'elle croyait définitivement oublié mais que le mariage de son frère avait fait resurgir.

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    Sa patronne étant partie visiter une amie, elle se précipita dans sa chambre, s'aspergea le visage d'eau fraîche. Mais elle se sentait toujours aussi mal, au bord de la crise de panique. L'air venant à lui manquer, elle se laissa tomber au pied du lit, les épaules adossées contre le sommier, les mains appuyées contre sa bouche dans une tentative dérisoire pour retenir ses gémissements de honte et de désespoir.

    Tout à l'heure, dans la chambre rose, pour la première fois, elle avait menti à sa maîtresse.

    Le mariage de son frère avait été un véritable déchirement pour elle. Elle avait toujours cru que le jour de son retour aux Agasses —  après en avoir été en quelque sorte bannie — marquerait pour elle et son petit frère le début d'une association fructueuse, comme ils se l'étaient promis, adolescents. Elle économisait durement dans ce but, et seule la pensée de revenir à l'endroit où elle avait connu ses rares moments de bonheur l'avait aidé à tenir le coup dans les deux premières maisons où elle avait servi et où on avait exigé d’elle, même malade, un labeur d’animal.

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    Deux mille francs. Voilà la somme qu'elle avait réussie à économiser sou après sou et qui dormait sur son livret de la Caisse d'épargne, en attendant d'être investie aux Agasses.

    Deux mille francs. C'était également le prix pour l'innocence d'un enfant, ce prix que l'on avait proposé à son père quand ils vivaient encore à Paris.

    Deux mille francs. Cette somme jumelle, qui faisait écho à ce passé sordide, lui revenait comme un crachat en plein visage et provoqua chez elle le début d'un rire aussi incongru qu'hystérique qu'elle étouffa dans ses genoux serrés.

    Durant des années, elle avait réussi à occulter les aspects les plus sinistres de son histoire, à se persuader qu'elle n'avait rien à voir avec cette ancienne Marthe, que les événements qui l'avaient si douloureusement touchée étaient arrivés à une autre personne. Elle avait appris à dissimuler ses émotions, à paraître ce que l'on attendait d'elle, tant et si bien que, sans plus en avoir conscience, elle jouait continuellement un rôle parfaitement maîtrisé, dont elle pouvait changer à volonté. Elle avait fini par s' attacher à cette Marthe inaccessible dont l'air faussement froid et hautain tenait à distance les indésirables.

    Mais l'autre nuit, son vernis s'était craquelé.

    Comment en était-elle venue à s'oublier ainsi ?
    Pour quelques heures de plaisir, elle avait pris le risque insensé de se voir chassée sans référence de chez ses patrons. Or, avec le mariage de Martial, la porte des Agasses lui était définitivement fermée. La maison de son frère avait désormais une maîtresse et elle ne pourrait pas y trouver refuge si jamais un bâtard venait à enfler son ventre !

    Jusqu'au dernier moment, elle avait cru que la cérémonie de mariage n'aurait pas lieu, persuadée que Léonie Lesaunier ne se présenterait pas à la mairie. Mais quand son frère et sa fiancée improbable avaient échangé leurs vœux, elle avait compris que tous ses rêves de bonheur à Beauchamps venaient de s'effondrer, la renvoyant à sa terrible solitude.

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    Elle avait caché son désespoir derrière un masque souriant. Avait bavardé avec les invités. Dansé à tour de rôle avec eux. S'était laissée accaparer par le témoin de Martial, ce jeune Attila Bonaventure que son oncle avait embauché plusieurs années comme garçon de ferme et qui était devenu comme un membre à part entière de la famille. Elle ne l'avait que fort peu côtoyé à cette époque, étant déjà à moitié partie de la maison pour un travail de gouvernante chez un riche veuf du village.

    Attila était devenu un très beau jeune homme. Très beau et très entreprenant.

    Printemps 1885 - Marthe (6)

    Et Marthe, de son côté, se sentait tellement triste ! Si triste et si seule ! Elle était  fatiguée de devoir se montrer continuellement forte, sans une épaule solide sur laquelle se reposer, si bien que, grisée par les attentions cajoleuses du jeune homme, elle s'était laissée entraîner vers la grange, ponctuant leur cheminement de longs baisers qui les laissaient tout pâles de désir.

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    Là, au creux du foin et de son odeur entêtante, elle lui avait donné la fête de son corps.

    Printemps 1885 - Marthe (6)

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    La dernière fois qu'elle avait autorisé un homme à la toucher remontait à plus de dix ans. Mais c'était la première fois qu'elle prenait autant de plaisir à l'acte charnel, allant jusqu'à recommencer et à oublier toute prudence.

    Printemps 1885 - Marthe (6)

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    Attila avait tenu à la raccompagner à Charmay-les-Forges et ils avaient profité de la voiture d'un cousin de la mariée qui habitait non loin de leur destination. Il l'avait serrée dans ses bras durant tout le trajet, tout en caressant de sa main libre la peau tendre de son poignet, et elle s'était accrochée à sa veste, le nez enfoui dans son cou, à la fois heureuse et malheureuse. Elle savait ce moment de pure joie éphémère tout en se reprochant déjà sa faiblesse avec lui. Lui qui n'avait rien à lui offrir, à part sa vie précaire de journalier et une succession ininterrompue de grossesses malencontreuses qui finiraient peut-être par avoir sa peau. Attila avait l'air d'un bon garçon mais elle refusait de vivre la même vie de misère que sa mère et de l'infliger à ses enfants.

    Printemps 1885 - Marthe (6)

    Ses peurs la reprirent. Après le plaisir coupable de cette nuit, elle tremblait que son inconduite ne soit suivie d'un fruit indésiré, la réduisant au renvoi, puis à la misère. Elle ne voulait pas revivre la déchéance qu'elle avait connue à Paris...

    En sortant précipitamment de sa chambre, elle heurta le nouveau cocher de Monsieur qui la retint par le bras quand elle tenta de se dégager.

    Printemps 1885 - Marthe (6)

    « Que vous-arrive-t-il, mademoiselle Marthe ? Lui demanda-t-il avec son accent italien chantant, vous avez l'air bouleversé...

    — Comment osez-vous me toucher ? » le rembarra-t-elle d'une voix dure.

    L'homme, ébranlé par le ton hostile de la jolie servante, la lâcha comme si elle l'avait frappé, puis la suivit de son regard peiné.

    Marthe entrait dans la cuisine où Amélie préparait déjà le repas du midi, aidée par la jeune Lucienne.

    Printemps 1885 - Marthe (6)

    Elle se précipita vers la vieille cuisinière.

    « Je t'en supplie, Mélie, envoie-moi acheter un ingrédient manquant, je te revaudrai ça... »

    Printemps 1885 - Marthe (6)

    En sortant, elle recroisa Agostino Sghia qui fumait près de l'entrée des domestiques. Il détourna les yeux dès qu'il l'aperçut, encore gêné par l'attitude cassante de la jeune fille, et elle passa près de lui, le menton fièrement redressé mais contrariée qu'il l'ait vue sortir.

    Printemps 1885 - Marthe (6)

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    Là où elle se rendait, personne ne devait le découvrir.
    Jamais...

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  • Commentaires

    1
    Heidi
    Jeudi 4 Mars à 01:11
    Beau, écrit élégant, j'aime beaucoup. Cela change, mais, j'aime penser que l'on aura encore des histoires de Morgyn. On verra ou elle va, vivement la suite❤️
      • Jeudi 4 Mars à 10:33

        Je suis ravie que tu aimes ce chapitre ! Pour la suite, comme je viens de te l'écrire sur twitter, elle est en cours... 1/2 page déjà écrite... Mais comme c'est la partie des souvenirs les plus douloureux pour Marthe, j'avoue que je galère un peu à trouver les bons mots... Mais j'y arriverai !

        Concernant Morgyn, je ne compte pas m'arrêter... juste une petite pause, car lui aussi va vivre des moments très difficiles... cry

        Merci beaucoup pour ta présence bienveillante ! ♥♥♥

    2
    Jeudi 4 Mars à 09:16

    Je trouvais déjà le passé de Martial assez triste mais alors celui de Marthe... Il ne fait décidemment pas bon d'être femme à cette époque. Ou du moins, certaines s'en sortent mieux que d'autre quand l'aisance matérielle est là. Même si évidemment, cela ne fait pas tout.

    J'aime toujours autant tes chapitres qui nous montre par petite touche ce passé d'un autre temps. Et je comprends les inquiétudes de Marthe. C'est quelque chose, que femme, même si nous avons plus de moyens au niveau contraceptif, qui peut nous toucher d'une façon ou d'une autre.. 

    D'ailleurs, que va t'elle chercher, Marthe ? Une potion abortive ? Je suppose que cela devait exister. Les femmes ont toujours essayer de se défaire d'une grossesse qui n'était pas désirée.

    Ton chapitre me fait réfléchir également sur la vie des domestiques : ce n'était finalement guère plus enviable qu'esclave. Où était leur vie privée là-dedans ? Et comment pouvaient-ils avoir une vie de famille ? Cela n'en laissait guère le temps. A moins d'épouser un autre domestique de la maisonnée. 

    J'ai remarqué également que tu restais un peu sur le cocher, Monsieur Agostino Ghia. Je suppose qu'on le verra peut-être un peu plus... sarcastic

    Merci pour cette jolie lecture. Un peu triste mais intéressante ♥♥♥

      • Vendredi 5 Mars à 08:12

        Une grossesse non désirée, c'était la terreur des femmes, même celles mariées... En absence presque totale de contraception (surtout utilisée par les libertins), les femmes n'avaient aucun contrôle sur leur corps, devaient s'occuper de leur nombreuse marmaille, en plus de leurs corvées journalières, sans aucun répit, et sans cesse fatiguées, ne se montraient du coup pas d'une très grande patience, passant pour des mégères auprès des hommes... sisisi, c'était affolant !

        Effectivement, les domestiques n'avaient aucune vie privée, menant une vie de semi-esclavage auprès de leurs patrons qui pouvaient les virer sans lettre de recommandations (la plus grande crainte), toujours soupçonnés de mauvaises moeurs, méprisés, exploités au-delà de leurs forces... Même en étant mariée, une domestique pouvait être renvoyée juste parce qu'elle était enceinte, et si une patronne acceptait la grossesse, la femme ne pouvait garder l'enfant auprès d'elle mais devait le mettre en nourrice.
        Leurs conditions de vie étaient meilleures dans les grandes familles aristocratiques ou de la haute bourgeoisie qui employaient des dizaines de domestiques et qui les traitaient mieux. 
        Mais j'en reparlerai quand Marthe évoquera les deux premières places qu'elle a eues avant Mme Desjoyeaux et où elle était utilisée comme un animal de labeur.

        Revoir un peu plus Agostino, hein ? quoi ? comment ? sarcastic

        Merci pour tes commentaires, c'est toujours si encourageant pour continuer... ♥♥♥

    3
    Jeudi 4 Mars à 10:44

    Hé hé, c'est une filoute, Madame Desjoyaux :D  J'étais morte de rire quand j'ai découvert sa supercherie auprès des créateurs de jolies toilettes :D  Non mais... enfin... :o C'est excellent!  Comment exploiter au mieux son petit personnel et à moindre coût être élégante.  J'ai adoré tellement.  Qu'il est bon de rire :D
    Même si c'est mal, très mal... mais c'est drôle quand même.

    Mis à part cet extrait (que j'ai mais tellement adoré ♥), le destin de Marthe est bien triste.  Il faut bien que le corps exulte mais à quel prix? :/
    Il faut bien gagner sa croûte mais à quel prix? :/
    Pauvre Marthe :/

    Je pense que nous allons revoir Monsieur Agostino.  De prime abord, il n'a pas l'air d'être un mauvais bougre, je voudrais ne pas me tromper.

    Quel magnifique chapitre, une plume si délicate, des images à tomber ♥  J'ai adoré, je me suis replongée avec délice dans cette histoire, j'ai adoré revoir un peu de Martial (petit loulou, je me souviens de lui à son mariage comme si c'était hier.  magnifique.

     

    Juste une petite question : pardon, je n'ai pas bien compris les 2000 francs, prix de l'innocence d'un enfant?  Je préfère te demander avant de m'emballer sur ce qui n'est pas, qu'est-ce que Marthe évoque exactement, comme étant ce crachat du destin.  De quoi s'agit-il exactement? Peut-être aurais-je ma réponse plus tard et cette question doit-elle rester en suspens?

     

      • Vendredi 5 Mars à 08:32

        Heureuse que ce passage sur les grands couturiers t'ait fait rire, mais pour être tout à fait honnête, je ne l'ai pas inventé, c'était une pratique apparemment plutôt "répandue"... wink2 Normalement, ça me permettait de préparer un peu la suite pour Marthe, mais entre temps, je suis finalement partie sur une autre idée... he

        C'est sûr que Marthe n'a pas - ni eu- une vie facile... davantage que Martial qu'elle a toujours cherché à protéger quand ils vivaient ensemble... D'ailleurs, on le verra en titi parisien dans la prochaine maj... wink2
        Et étant domestique, elle a plus de chance de finir célibataire (ce qui est préférable à finir prostituée, qui était le destin d'un certain nombre de domestiques violées et engrossées par leur patron... beurk). Là, Marthe est tombée dans une bonne maison...

        Tu as bien cerné Monsieur Agostino qui est effectivement un homme bien... malheureusement, parfois, cela ne suffit pas... intello

        Pour les 2000 francs, prépare-toi à t'emballer violemment sur la prochaine maj... Dans la 1ère mouture, j'étais plus explicite, donc oui, tu comprendras de quoi il retourne au chapitre suivant !

        Merci pour ma plume et mes images ! ♥♥♥
        J'avoue que j'essaie d'y apporter un soin particulier, donc, ça me touche que vous y soyez sensibles...

    4
    Jeudi 4 Mars à 10:59

    Agathe, Eulaline, merci beaucoup pour vos commentaires très intéressants auxquels je ne pourrai répondre que ce soir...

    Je sors tout juste de ma douche là, où mon chéri m'a envoyée manu militari alors que je venais tout juste de répondre  au commentaire d'Heidi, car nous allons manger chez des amis - en respectant le protocole hein! - et il craint toujours - à juste titre sarcastic - que je sois encore à la bourre...

    Passez un très bon après-midi et à tout à l'heure... ^^

     

      • Jeudi 4 Mars à 11:04

                 Bon appétit :p

      • Jeudi 4 Mars à 13:44

        Profites de ton après-midi. Tu as bien raison ! ♥♥♥

      • Vendredi 5 Mars à 08:35

        Hahaha... merci !

        On est finalement rentrés pile poil à l'heure du couvre-feu mais cela nous a fait du bien !♥♥♥

    5
    GGO
    Jeudi 4 Mars à 11:07

    Quel plaisir de retrouver cet univers ! J'aime tellement cette histoire et ne boude pas mon plaisir quand j'apprends qu'il y aura une suite dans pas trop longtemps ^^

     

    Est-ce-que j'ai bien compris ? Est-ce-que le père de Marthe et Martial a prostitué sa fille de 10 ans ? oh

     

    Quant au mariage de son frère, pourquoi pense-t-elle que cela remet tout en question ? Ne pourrait-elle pas s'associer et vivre dans une dépendance sur le terrain ?

     

    Et je me pose la même question qu'Agathe : finalement quand on est domestique on est considéré comme stérilisé ? Après je peux "comprendre" qu'une famille ne peut pas prendre en charge financièrement tous les enfants que tous les domestiques pourraient avoir mais j'imagine qu'il y a un juste milieu... Parce-qu'il me semble avoir déjà vu des domestiques avoir des enfants et garder leur poste... J'aimerais bien savoir dans quelles conditions (si c'est prévu dans l'histoire j'attendrai).

     

    Quelle histoire riche ! J'adore.

      • Vendredi 5 Mars à 08:47

        "Dans pas trop longtemps" : euh tout dépend de ton rapport au temps, parce que là, j'ai dû écrire seulement un quart ou un cinquième du chapitre... winktongue Mais on y croit ! yes

        Tu brûles concernant Marthe... Mais tu comprendras à la prochaine maj.
        Juste pour info : Marthe n'est plus toute "jeune" (par rapport aux exigences de l'époque hein !), elle a 31 ans au début de l'histoire...

        Pour tout t'avouer, les deux belles-soeurs ne s'apprécient pas vraiment... Et puis, retourner chez son frère alors qu'il est marié, ce serait en quelque sorte retomber sous la dépendance d'une "patronne", elle devrait toujours composer avec le caractère de Léonie, elle préfère encore rester chez les Desjoyeaux qui ne sont pas de mauvais employeurs.

        Concernant les domestiques : voir ma réponse au commentaire d'Agathe, je ne sais pas s'il est complet par rapport à tes questions ?

        Merci d'être toujours présente sur cette histoire, malgré les délais très longs entre chaque maj ! ♥♥♥

    6
    Chipie-cyrano(Lydie)
    Vendredi 5 Mars à 22:26
    Mon téléphone écrit la moitié
      • Samedi 6 Mars à 08:54

        coucou Lydie !

        Peut-être as-tu mis des émoticônes dans ton message ? Parce que dans ce cas, eklablog ne supporte que ceux fournis par la plateforme et pas ceux du téléphone ni ceux obtenus sur pc en faisant un clic droit...

        En tout cas, merci beaucoup d'être passée sur mon histoire... 

    7
    Chipie-cyrano
    Samedi 6 Mars à 12:42

    Et coucou me revoilà et finalement c'est tellement mieux sur PC tu vois les images en grand biggrin 

    Donc je disais hier bon j'ai dormi depuis je ne mettrais pas mot pour mot mon premier message heiin lol !!!

    Ce 6ème chapitre démarre sur les chapeaux de roue .. je sais déjà que je vais adorer l'histoire de Marthe ... l'autre côté de la vie de Martial .. en savoir peut-être plus sur son enfance au travers de l'histoire de Marthe .. surtout quand on le découvre en titi trop trop mignon.... J'ai hâte !!!

    Mon ressenti pour Marthe c'est qu'elle a sans doute connu un abus sexuel de son père ou de l'un de ses amis et qu'elle s'est retrouvé enceinte et peut-être  a t'elle dû abandonner son enfant à une riche famille contre 2000 francs remis à son père et banni à jamais par celui-ci .. Mais sans doute mon imagination courre plus vite que mon ombre yes De toute façon quand on lit les dernières lignes on sent qu'elle a peur de se retrouver enceinte et là où elle va c'est peut-être chez un charlatan qui pratique l'avortement moyennant ses économies ... mdr j'extrapole encore !! il va falloir que tu nous écrives le prochain chapitre rapidement heiiiin lol !!!! 

    J'ai lu il y a pas mal de temps un bouquin que j'ai dévoré en une après-midi !! bon après quand je suis passionnée par un bouquin ou un récit je ne le lâche pas happy le titre de ce livre est **La servante** de Louis-Olivier Vitté qui se passe à l'orée du XX ème siècle aux confins de l'Auvergne et du Limousin .. L'histoire d'une jeune fille pauvre qui ne connaît que la faim , la misère et le dur labeur.... et devient servante à 13 ans dans une famille bourgeoise.

    A cette époque les femmes n'étaient rien soit elles avaient la chance de naître dans une famille bourgeoise soit dans une famille pauvre et ne connaissaient que misère et servitude ..

    Quand on pense aux souffrances qu'ont enduré les femmes à cette époque .. elles se retrouvaient enceinte .. la honte pour leur famille et l'abandon.. se retrouver fille mère ou pire parfois !!!  Le droit à l'avortement .. la loi Veil est tellement récente 1975 s'en est effroyable .. 

    Ma grand-mère née au tout début du XX siècle m'a raconté quand j'étais enfant qu'elle était née sous X . Sa mère mon arrière grand-mère (logiquetongue) avait subit les faveurs du chatelain ou elle était domestique .. elle a dû abandonner sa fille et continuer son travail au château .... et effectivement quand moi jeune adulte comme beaucoup de personne j'ai eu envie de faire mon arbre généalogique et bien je n'ai jamais pu remonter pour ma grand-mère juste du côté de mon arrière grand-mère qui avait tout de même reconnue sa fille avant de l'abandonner .. mais elle est morte très jeune.. En faites par ma grand-mère il y a du sang noble dans notre famille.... arrière petite fille d'une domestique et d'un chatelain  yesbiggrintongue 

    Comme tu l'as compris j'adore les histoires.. les livres ou les films sur la fin du XIX et début XX siècles .. une fan indécrottable  de Dowton Abbey .. le bazar de la charité ... enfin j'en ai une tripoté comme ça mais je vais m'arrêter là et attendre patiemment la suite de ton histoire ^^

    Surtout si ça ne te dérange pas n'hésites pas à me taguer sur twitter car je ne vois pas toujours passer les posts .. merciiii ...

    Je te souhaite un bon week-end .. et à très bientôt ^^

     

     

      • Dimanche 7 Mars à 10:03

        Ouh là là, quel long commentaire intéressant ! Ca me touche énormément que tu aies pris le temps de le réécrire... ♥♥♥ Franchement, c'est juste énorme !

        Oui, Marthe est un peu comme qui dirait la mémoire de la famille. C'est elle qui va nous raconter dans le prochain chapitre leur enfance et comment son petit frère et elle ont atterri dans ce coin paumé des Ardennes... ^^ Bon, je préfère prévenir, ce ne seront pas des souvenirs très agréables hein... enfin, jusqu'à ce qu'ils quittent Paris !

        Hahaha, j'adore quand tu extrapoles sur Marthe, et  d'ailleurs certaines de tes hypothèses auraient pu se révéler exactes (j'avais réfléchi à l'une d'entre elle mais j'ai abandonné la piste...)... D'ailleurs, je me rends compte que j'ai oublié de répondre à Agathe : car c'est effectivement chez une guérisseuse qu'elle se rend pour acheter une potion abortive !

        Merci pour ta piste de lecture, c'est le genre de livre que j'aime lire, j'essaierai de me le procurer ! cool

        "A cette époque les femmes n'étaient rien soit elles avaient la chance de naître dans une famille bourgeoise soit dans une famille pauvre et ne connaissaient que misère et servitude .."
        C'est très triste mais malheureusement très juste ! L'école obligatoire a amélioré un peu la condition des femmes en leur ouvrant d'autres perspectives que l'emploi de domestique qui était un semi-esclavage et où s'exerçait parfois le droit de cuissage, que ce soit de la part du maître comme du fils de maison... Et elles devaient subir une double sanction, après avoir été violée et engrossée, elles étaient la plupart du temps jetées à la rue comme des malpropres... 

        Le contrôle de notre corps, rendu possible par la loi Veil, a totalement métamorphosé la vie des femmes (je sais qu'une cousine de ma mère avait été obligée de se rendre dans un autre pays pour avorter) !

        Merci beaucoup pour ton témoignage très touchant ! Je trouve toujours passionnant de découvrir l'histoire de ceux qui nous ont précédé ! Tu pourrais presque écrire un livre sur la vie de ton arrière-grand-mère et de ta grand-mère... wink2 Et puis, tu as raison, c'est la classe d'avoir du sang-bleu... ^^

        Hahaha... moi aussi, je suis une très grande fan de Downtown Abbey ! C'est un peu ma série-doudou que j'aime revisionner de temps à autre...

        J'essaierai de me souvenir de te taguer pour les prochaines majs ! ^^

        Encore merci pour ton adorable commentaire ! ♥♥♥

        Passe un excellent dimanche ! Je me permets de t'embrasser bien fort...

         

         

         

    8
    Samedi 20 Mars à 13:41

    Pauvre Marthe, j'imagine qu'à l'époque tomber enceinte était pas chose aisée en plus du boulot! En plus là c'est une histoire d'une nuit, pas sûre qu'Attila veuille s'encombrer de ça! Dommage qu'une si belle soirée se transforme en cauchemar .... Du coup elle ne garde pas l'enfant j'imagine? ... 

    Elle me fait de la peine Marthe économiser pour vivre de jours meilleurs avec son frère qui au final se marie et du coup elle se retrouve coincée ... C'est un point de vue très intéressant, mais pas très joyeux en effet! En même temps, j'ai bien compris que Marthe et Martial ont eu la vie dure très jeunes . 

    C'est quand même dommage que Marthe ne connaisse pas autre chose que vie de servante, Martial a eu quand même plus de chance! J'imagine qu'être une femme n'aide pas à la situation de Marthe ... C'est assez triste! 

    Ca n'enlève en rien la beauté du chapitre comme toujours♥

      • Mercredi 24 Mars à 10:14

        Disons que c'était extrêmement mal vu de tomber enceinte sans être mariée, et que dans le cas des domestiques, elles étaient direct virées (certaines tombaient ainsi dans la prostitution...). Certaines patronnes allaient jusqu'à surveiller le linge de corps de leurs servantes pour vérifier qu'elles avaient bien leurs règles chaque mois...

        Pour l'instant, nous ne connaissons pas l'avis d'Attila, car peut-être est-ce Marthe qui ne veut pas de lui pour une relation sérieuse ? wink2

        L'enfance de Marthe et Martial fera l'objet de la prochaine maj dont j'ai écrit le début, mais comme tu l'as deviné, elle a effectivement été très dure !

        "Martial a eu quand même plus de chance! J'imagine qu'être une femme n'aide pas à la situation de Marthe"
        C'est on ne peut plus juste, tu as tout dit !

        Merci beaucoup Klohma pour ta fidélité si reboostante ! ♥♥♥

         

    9
    Fanny Carson
    Jeudi 17 Juin à 15:05

    J'adore le soin que tu apportes aux détails... les photos sont superbes ! Eh bien il me semble que Marthe n'a pas été épargnée non plus par le passé... d'après ce que je comprends son père aurait vendu sa virginité, quelle horreur... Elle et Martial reviennent de loin. Je me demande même si finalement les choses n'ont pas été pires pour Marthe.  C'est une bonne chose qu'elle travaille dans une maison où elle est bien traitée mais effectivement si elle attend un enfant et qui plus est hors mariage sa situation risque de redevenir précaire... Sa maîtresse serait-elle en mesure de comprendre ? En tout cas moi je la comprend, qui n'a jamais cédé aux avances d'un beau jeune homme pour s'accorder un peu de bon temps ? Je ne lui jetterai pas la première pierre !!

    J'ai hâte de lire la suite et d'en apprendre d'avantage ^^

      • Mercredi 23 Juin à 08:51

        C'est clair, Marthe a beaucoup plus morflé que son petit frère (qu'elle a toujours cherché à protéger) ! Mais tout sera révélé dans la prochaine maj ! intello

         

        La patronne de Marthe est plutôt une bonne personne mais elle est très à cheval sur la bienséance et elle ne comprendrait absolument pas qu'on bafoue les convenances en couchant avec un homme hors mariage... alors, en avoir un enfant, là, ce serait l'apocalypse ! Autre temps, autres moeurs, car bien sûr, aucune lectrice ni moi-même ne jugerions mal Marthe pour sa vie privée... ^^

         

        Merci beaucoup d'avoir lu cette histoire jusque là et d'avoir été si généreuse en commentaires ! c'est très encourageant, et je me sens très chanceuse et privilégiée d'avoir une lectrice comme toi... happy

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